Le site castral

Le tracé de l’enceinte fortifiée proposé par les archéologues

L’importance stratégique de Gençay provient de son emplacement géographique à la limite de deux provinces, le Poitou et la Marche limousine, et de la géologie de son sous-sol dont le socle est un plateau calcaire creusé par deux rivières, la Clouère au nord et la Belle à l’ouest. Le secteur défensif, constitué d’une enceinte fortifiée abritant la tour de Moncabré, fut bâti à la limite de l’éperon rocheux. Aujourd’hui, les rues suivent la ceinture de ces anciennes murailles.    


De la fin du Xe siècle au milieu du XIIIe

Des contreforts d’un précédent édifice (XIe siècle)

La première mention d’une tour date de 993. Nous ne savons pas exactement où elle se trouvait, peut-être en haut de la rue de Moncabré d’où la surveillance des vallées et de la route venant de Poitiers était facilitée. Elle aurait été détruite au début du XIe siècle au cours d’affrontements avec les comtes de Lusignan. Ce serait pourtant Hugues IV de Lusignan qui aurait fait construire un nouveau système de défense. Les fouilles archéologiques accréditent la présence d’un donjon et d’un mur, tous les deux munis de contreforts du XIIe siècle, l’un dans l’angle nord-est du château actuel, l’autre servant de base à la courtine sud.


La forteresse actuelle

La courtine Est et le châtelet d’entrée. Une partie du front de taille d’extraction de la pierre.

Construite au milieu du XIIIe siècle, la forteresse est un édifice militaire de forme triangulaire. Elle est constituée d’un puissant châtelet d’entrée, d’épaisses et hautes courtines et de volumineuses tours d’angle, le tout percé de 56 archères. Le grand fossé à l’est et au sud est dû à l’extraction sur place de la pierre de construction. Obstacle difficile à franchir, il a permis de réduire l’espace fortifié à la surface bordée par la contrescarpe.


L’occupation anglaise

Le Prince Noir (représentation anglaise)

Le 19 septembre 1356, les Anglais gagnent la bataille de Nouaillé-Maupertuis, près de Poitiers. Le Prince de Galles, dit le Prince Noir, fils du roi Édouard III, fait prisonnier le roi de France Jean le Bon. Les Anglais prennent possession de Gençay. En 1372, Charles V, fils de Jean le Bon, demande à Du Guesclin de reconquérir le Poitou. Le siège de Gençay, dernière place forte anglaise, dure plus de deux ans. Le frère de Charles V, Jean de Berry, qui a financé cette reconquête, devient comte du Poitou, et donc seigneur de Gençay.


Les seigneurs de Gençay

Le blason des Rancon

Fin Xe, début XIe, guerres entre Guillaume le Grand, duc d’Aquitaine, Boson II, comte de la Marche et Hugues IV de Lusignan pour la prise de possession de Gençay. Puis le château appartient successivement :

  • aux seigneurs de Rancon de 1025 à 1263,
  • aux seigneurs de L’Ile-Bouchard, descendants par mariage de Geoffroy IV de Rancon,
  • aux Anglais, puis à Jean de Berry et Charles V de 1356 à 1425,
  • aux seigneurs de la Trémoille puis de Bueil de 1427 à 1655,
  • aux comtes de la Roche (les Brilhac de Nouzières, les de Créqui, etc.) de 1655 à 1814 (épisode des biens nationaux excepté), année où il entre dans le domaine privé.

Le renouveau

Echafaudages le long de la courtine Est

Après avoir été livré aux démolisseurs pendant 40 ans, puis à la végétation pendant un siècle, le château reprend vie dans les années 1960. La famille Vignaud nettoie, évacue gravats et remblais et dégage des murs intérieurs. Puis, à partir de 1990, Kléber Rossillon entreprend avec l’aide de l’État de grands travaux : des fouilles, la construction d’un pont dormant, la consolidation du socle rocheux, la cristallisation des maçonneries et la restauration des encadrements des portes et des archères. Les travaux se poursuivent.